RB JEROME BEL
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titre : Jérôme Bel (1995)

un spectacle de : Jérôme Bel
création : Bruxelles, le 1er septembre 1995, au festival Bellones-Brigittines
interprétation : Eric Affergan, Claire Haenni, Yseult Roch, Michèle Bargues, Frédéric Seguette
production : R.B. Jérôme Bel (Paris)
remerciements : D.C.A. et la Ménagerie de Verre

durée : 50 minutes

R.B. Jérôme Bel reçoit le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles d'Île-de-France - Ministère de la Culture et de la Communication, de l'Institut Français - Ministère des Affaires Etrangères - pour ses tournées à l’étranger  et de l'ONDA - Office National de Diffusion Artistique - pour ses tournées en France
R.B. Jérôme Bel :
conseil artistique et direction exécutive : Rebecca Lee
administration : Sandro Grando
site internet : www.jeromebel.fr



Non seulement le travail de Jérôme Bel offre de nouvelles perspectives performatives mais il opère un véritable retour aux questions anthropologiques. Jérôme Bel (1995) (vu à Paris, Théâtre de la Bastille, 1996, et Berlin, Sophiensäle, août 1997) traite le corps, la lumière, la musique dans leur pure littéralité, comme un manifeste minimaliste appliqué à la danse. Ce spectacle propose une mise en présence du corps dans sa simplicité et sa fonctionnalité objective. Il déjoue ainsi toute tentative d'interprétation affective de la part du danseur et, par retour, du spectateur. La simplicité tenue du dispositif chorégraphique permet, du coup, une lecture critique de ce qui se joue et déjoue devant nos yeux. Ce qui, me semble-t-il, ouvre de nombreuses possibilités de lecture et fait de cette pièce une sorte d'étendard emblématique des années 90.

Alain Buffard, Berlin le 22 avril 1999


En 1995, le chorégraphe Jérôme Bel signait Jérôme Bel, pièce au dénuement radical, ramenant l’auteur à sa signature et la danse à ses conditions de possibilité : de la lumière, de la musique, et des corps. Dix-huit ans après, le constat résonne avec la même évidence : « on ne peut faire l’économie d’un corps ». Partant de cet « étant donné », Jérôme Bel cherche à en repérer les coordonnées : rendre compte des échanges, des fluides qui le traversent. À défaut de le faire danser, ce corps, il en dresse la cartographie : quelles sont ses dates, ses mensurations, les signifiants qui l’orientent ? Et quel langage scénique pour rendre compte de sa présence littérale ? Avec une économie de moyens réduits à ce que la langue peut dire, il livre une déconstruction de la représentation qui n’a rien perdu de sa force critique.

Gilles Amalvi, juin 2014


Les interprètes de la chorégraphie Jérôme Bel de Jérôme Bel présentent tous ensembles les quatre principes de base de la danse : la lumière, la musique et le corps évoluant dans un espace, qui s'illuminent et s'examinent pendant les cinquante minutes suivantes du spectacle. Sur la scène, les corps sont ce qu'ils sont, et nous apprenons exactement à les connaître par l'intermédiaire de chiffres et de noms attribués par Jérôme Bel (...) « Ce que j'ai essayé de faire avec Jérôme Bel», explique-t-il, « était de trouver une sorte de « degré zéro de la littérature » pour la danse. Je voulais éviter deux choses : le corps érotique et le corps musclé parfait, tel que celui d'un guerrier. Dans toute notre culture (pas seulement dans la danse) le sexe et le pouvoir sont les deux représentations dominantes du corps - l'instrument principal de la danse - qui le privent de ses signes habituels. » (...) Jérôme Bel se concentre sur les plus petits messages codés et presque invisibles du corps qui en font une structure artistique.

Gérald Siegmund, in Ballet international, Tanz aktuell, avril 1997